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Comme quoi, si on cherche, on peut trouver de la sagesse partout : et par exemple dans un dessin animé qui, a priori, ne paie pas de mine comme "Kung fu panda" (que j'ai adoré et c'est pas peu dire pour une amatrice de dessins animés comme moi! ^^)

Voici la bande annonce et...


Kung Fu Panda - bande annonce 2 VF

... quelques extraits choisis, citations de mon personnage préféré (maître Yoda version tortue) : maître Oogway (il est trop fort!!)

Master_Oogway_by_Shawnzy

"On rencontre souvent sa destinée sur la route que l'on prend pour l'éviter"

"Ton esprit ressemble à cette eau mon ami : quand il est agité il devient difficile à percevoir mais si tu le laisses s'apaiser la réponse devient claire"

Ma préférée, à propos de la philosophie de l'instant présent :
"Tu t'en fais trop avec ce qui était et ce qui sera. Comme le dit le proverbe : hier est l'histoire, demain est un mystère, mais aujourd'hui est un cadeau ; c'est pourquoi cela s'appelle présent"

La graine pousse n'importe où mais "tout est possible si on accepte de la guider, l'encourager, de croire en elle"

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Une autre citation qui montre bien que tout est lié :

"Tu n'accompliras jamais ta destinée tant que tu ne renonceras pas à tes illusions de contrôle"

Cette citation me rappelle un petit extrait de psychologie magazine sur lequel je suis tombée par hasard tout à l'heure. Il s'agit d'un entretien avec le psychanalyste J.C. Liaudet qui a notamment ecrit "du bonheur d'être fragile" (je lui fais un peu de pub il l'a bien mérité!! ^^) :

"C'est en renonçant à ce sentiment de toute-puissance que nous nous constituons progressivement comme sujet" (...) "En acceptant l'impossibilité de tout maîtriser, nous accedons lucidement à la puissance de vivre. Celle d'aimer et de jouir. Accepter sa fragilité, c'est reconnaître que nous sommes incomplets, que nous ne pouvons pas faire sans l'autre. Un autre qui n'est pas semblable à nous, un etranger que nous devons nous résoudre à ne jamais comprendre tout à fait. Nous faisons la découverte du manque et de l'autre comme différence radicale. Vous voyez ce que cela nous donne : un autrui à aimer. L'amour, c'est l'expérience de la fragilité par excellence. Nous désirons l'autre, mais nous ne pouvons pas être le maître de son désir." (...) "Si nous acceptons qu'une part de nous-même reste étrangère, non maîtrisée, si nous nous déprenons de notre "moi fort", alors nous restons réceptifs au nouveau, nous nous ouvrons à la capacité de bouger, de changer (...) nos faiblesses nous parlent. Elles peuvent devenir nos forces. Il faut savoir écouter ce qu'elles nous disent, pour les dépasser, s'en servir, plutôt que vouloir au plus vite les éradiquer, au risque qu'elles resurgissent ailleurs ou sous une autre forme. Il n'y a pas de raison d'avoir peur du conflit, notamment avec soi-même, puisque nous sommes faits de différences et de conflits. C'est en travaillant les conflits que l'on bouge, que l'on avance. Accepter d'être fragile, enfin, c'est vivre pleinement, être dans le présent, dans la fête de l'instant. (n.b. : encore ce bon vieil instant présent!) Contrairement au "moi sensible", receptif, ouvert, le "moi fort" vit dans le désir d'un paradis toujours à venir. Il ne peut pas se contenter, d'où sa permanente insatisfaction. Jouir de la vie c'est d'abord accepter d'être fragile.

Finalement la sagesse c'est quand on accepte d'être soi (accepter sa condition humaine qui fait que nous sommes limités). Refuser cela c'est refuser le monde tel qu'il est mais c'est aussi refuser de se voir tel qu'on est vraiment, c'est vivre dans l'illusion et cela nous condamne à être soumis à la souffrance d'un monde difficile car changeant, que nous subissons sans comprendre.

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D'autres passages du film à propos de l'évolution de la relation entre Po et son maître Shifu. (Attention ne pas lire si vous n'avez pas vu le film et que vous voulez garder le suspens!) :

shifu_et_po

"Je n'ai pas renoncé! Je suis resté car à chaque difficultés ça me faisait mal mais jamais aussi mal que tout ce que j'ai enduré dans ma vie jusque là à être seulement moi. Je suis restée parce que je me suis dit que si quelqu'un pouvait me transformer, faire que je sois plus moi, c'était vous."

Comment veux tu remplir ta coupe si elle est déjà pleine "tu crois savoir mais tu es bourré d'illusions"

_"comment je pourrais le battre si eux y arrivent pas, ils sont 5 maîtres jsuis un seul moi"
_"mais tu auras la seule chose que personne d'autres n'aura : le manuscrit du dragon" 
Et finalement le manuscrit c'est un miroir!

"l'ingrédient secret de ma soupe à l'ingrédient secret. L'ingredient secret c'est rien du tout. Il n'y a pas d'ingrédient secret, c'est juste une bonne vieille soupe de nouilles sans sauce spéciale rien du tout, pour faire quelque chose de spécial t'as simplement à croire que c'est spécial."

"L'ingredient secret c'est seulement toi"
(ce qui nous rappelle cette bonne vieille légende hindoue)

A la fin du film, Po, qui est absolument nul, parvient à devenir un des + grands maîtres. C'est parce que son maître Shifu, au lieu de calquer sur lui les méthodes traditionnelles d'apprentissage, a cherché en lui ce qu'on pourrait appeler la force du desespoir : quand tout est perdu et qu'on ne pense plus avoir rien à donner, ce qui fait qu'on est encore capable de chercher le peu de force en nous qui nous donne encore l'energie de nous battre, d'atteindre nos objectifs, ce après quoi on court, ce qui peut nous faire déplacer des montagnes. Peu importe que l'on utilise cette force à mauvaise escient (souvent dans une forme d'autodestruction) c'est de la force à l'état pure, il faut en prendre conscience et l'utiliser comme il se doit.

Après avoir vu Kung fu panda, je me suis dis que finalement, si on cherche bien, on a tous quelque chose qui nous donne envie de nous lever le matin, que ce soit l'amour, les enfants, le travail, la connaissance, le rire, les amis, la nature, le sport... ou des choses qui pourraient paraitre + superficielles (voire malsaines si c'est fait avec excès) comme la nourriture, le sexe, faire la fête, l'entretien de notre apparence physique. Ce sont nos faiblesses quelque part. Elles viennent comble, souvent inefficacement, un manque fondamental (peur de vieillir, de mourir, de manquer, d'être abandonné... besoin d'être reconnu, désiré, aimé par les autres car l'amour que l'on a pour soi même ne suffit pas, besoin de se remplir car on se sent vide...) Mais même quand on pense être au fond du gouffre et nevrosé au + au point, il reste toujours ce petit quelque chose qui nous fait courir (même si c'est bien souvent pour aller nulle part ou dans le mauvais sens!), et c'est ce petit quelque chose qu'il faut identifier et exploiter de manière juste. Je vous laisse méditer sur la question! ^^

POUR EN SAVOIR + A PROPOS DU KUNG FU ------> ICI

ET DU TAOISME ------> ICI

A PROPOS DE L'ICI ET MAINTENANT ------> ICI

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En gros le kung fu signifie "maîtrise d'une technique" en chinois et s'imprègne de la philosophie taoïste mais aussi du bouddhisme. Le mot est passé dans le langage courant pour désigner les films de combat asiatiques. Encore un petit extrait de Kung fu panda : "Pour espérer vaincre il faut savoir trouver la faiblesse de ton adversaire et lui en faire payer le prix. Se saisir de sa force et l'utiliser contre lui jusqu'à ce qu'enfin il tombe ou renonce". Bien entendu ça ne s'applique pas seulement aux combats "matériels" mais également à n'importe quelle lutte intérieure (avec soi même, en utilisant ses faiblesses pour en faire des forces comme je l'ecrit plus haut) ou pour défendre ses idéaux.

A PROPOS DU TAOISME ET DE LAO TSEU (trouvé aussi dans psychologie magazine décidément!)

La pensée de Lao Tseu (Chine - 6e-5e av. J.C.), en insistant sur les vertus du "non agir", semble inviter à l'inertie. Il n'en est rien : il s'agit pour lui de nous mettre en garde contre l'illusion du changement sur commande, contrôlé et maîtrisé - ça vous rappelle rien?!! ^^ Que nous le voulions ou non, il s'impose, car nous sommes tous embarqué sur ce bateau dépourvu de port d'attache qu'est la Voie - le grand cycle de la nature. La vie est cyclique, aucune réalité n'est stable. La sagesse constiste à se laisser porter par le courant en toute conscience, à suivre son mouvement afin de vivre en harmonie avec son flot impétieux, où les contraires ne s'opposent plus.

MONTAIGNE (philosophe français du 16eme siècle)
IL DIT EXACTEMENT LA MEME CHOSE!!!

Nos vies sont ephémères, l'existence n'est que mouvement, rappelle Montaigne dans ses Essais. "Il n'y a aucune constante existence, ni de notre être ni de celui des objets". sa philosophie part du constat d'un réel en perpétuel changement : "le monde est un branloire pérenne" ecrit-il (variante, sans le savoir, de "l'immuable changement" : le yi king, un des piliers de la philosophie chinoise) Pour suivre le  flux de l'existence, il faut aller dans le sens du courant (...) cultiver la vie telle qu'il a plu à Dieu de l'octroyer. Prêt à tourner à gauche si un obstacle se présente à sa droite, sans se sentir frustré. Changer de désirs si on ne peut transformer le réel.

Autre extrait de Psychologie magazine

"C'est dans le lâcher-prise que s'insinue le changement ; en acceptant la souffrance et en s'en servant comme levier, en cessant d'intellectualiser et de se projeter dans le futur pour se concentrer sur l'ici et maintenant. Il ne s'agit pas de perdre sa volonté de changer, mais plutôt d'apprendre à faire davantage confiance à nos sensations, à nous ouvrir à nos émotions, même douloureuses, parce qu'elles modifient notre regard sur le monde et sur nous-même - donc nous inspire le mouvement à suivre."

calligraphie